Une personne découpant de la viande

‎ TRAITEMENT DE LA VENAISON

Les étapes clés pour une viande de qualité.

Réussir sa sortie de chasse est une satisfaction immense, mais l'aventure ne s'arrête pas au coup de feu. Le traitement de la venaison est une étape cruciale qui transforme un acte cynégétique en un acte culinaire responsable.

Mais pour disposer d'une viande saine et savoureuse, chaque geste compte, de l'examen initial à la mise au frais. Que vous soyez novice ou chasseur expérimenté, le parfait respect des règles sanitaires est votre meilleure allié pour éviter toute altération bactérienne. Pour parler de ce sujet complexe, technique et primordial à la chasse, nous avons posé quelques questions à Philippe Jaeger, journaliste cynégétique depuis plus de 25 ans. Voici donc ici notre guide complet pour maîtriser les étapes post-tir.

Note : bien que la plupart des éléments liés à la venaison soient communs à toutes les pratiques, nous nous sommes intéressés ici à une situation de chasse individuelle de grand gibier, comme la chasse à l’approche et à l’affût.

LA VENAISON : UNE VIANDE AUX NOMBREUX BÉNÉFICES NUTRITIONNELS

Sur le plan diététique, et comme le souligne la Fédération Nationale des Chasseurs à travers la démarche et le label "Gibiers de France", la viande de gibier sauvage offre des qualités nutritionnelles incomparables par rapport aux viandes d'élevage traditionnelles (bœuf, porc ou volaille) :

• Faible en lipides : avec seulement 2,3 % de matière grasse en moyenne, la venaison est une viande particulièrement maigre et très peu calorique, moins grasse qu'un filet de poulet.

• Riche en protéines : elle apporte environ 22 % de protéines de haute valeur biologique, essentielles à la santé et à la récupération musculaire.

• Concentrée en minéraux : issue d'animaux libres se nourrissant de végétation sauvage, elle est naturellement riche en fer, en zinc, en potassium et en phosphore.

• 100 % naturelle : non issue d'élevages intensifs et sans traitements antibiotiques, c'est une viande locale, saine et éco-responsable.

L'ÉQUIPEMENT INDISPENSABLE POUR LE TRAITEMENT DU GIBIER

Bien entendu, assurez-vous d'avoir tout votre matériel avec vous avant de partir chasser. Inutile de préciser que celui-ci doit être propre et aiguisé, et que le choix de vos outils influe directement sur la qualité de votre travail. Dans votre sac, nous vous conseillons de mettre à minima :

• un kit de couteaux pour couper et éviscérer : les lames doivent être parfaitement affûtées et désinfectées

• une scie à os pour dégager la cage thoracique et la symphyse pubienne

• des gants à usage unique

• un bac à gibier pour le transport

• une lampe frontale puissante si le traitement se fait à la tombée de la nuit

• du gel hydroalcoolique

Découvrez tout notre matériel pour la venaison ici

Attention il est peu recommandé de rincer les carcasses après l’éviscération. C'est même interdit dans le cadre de la vente de la venaison.

"Veuillez garder en tête également que, lors des chasses estivales, une attention particulière est à porter aux mouches et à la chaleur ambiante. Enfin, veillez à mettre au plus vite la carcasse en chambre froide à 2°Celsius pour ne pas briser la chaine du froid. Cette température freine le développement des bactéries et permet une bonne maturation de la viande. Si vous ne possédez pas de chambre froide, déposez votre gibier chez un professionnel. Ne congelez pas la viande avant un délai de 4 à 6 jours, ceci afin de lui assurer une bonne tendreté."

ET APRÈS, QU’AI-JE LE DROIT DE FAIRE AVEC LA VENAISON ?

"Pour la vendre, vous l’aurez compris, vous devez avoir obligatoirement suivi la formation à l’examen initial de la venaison dispensée par votre Fédération. Par ailleurs, vous avez tout à fait le droit de faire don de votre venaison. Mais rappelez-vous, vous êtes garant de la sécurité et de l’hygiène alimentaire lors du traitement de celle-ci. Votre responsabilité et votre éthique sont engagées."